Comme tous les établissements scolaires, nous nous devons d'assurer la sécurité de nos charmants piou-pious. Normal. Pour ce faire, et pour être certains d'être au top en cas de drame, les établissements scolaires font une simulation d'évacuation pour incendie. Hier, dans mon lycée-pays-des-merveilles, ce fut notre tour.
Afin de préparer au mieux cet exercice, notre brillant CPE (appelons le Flagada Jones, ça lui va bien) décide de faire une réunion pour nous expliquer nos rôles. Bon, soyons honnêtes, personne n'a collé un orteil dans sa réunion car, en 5 secondes top chrono, nous avions compris quoi faire. Oui. Il suffisait de lire la feuille concernant la sécurité en cas de feu, affichée dans toutes les salles. Mais, ne soyons pas médisants, notons que Flagada Jones fait des efforts pour se rendre utile!
Bref, il y a donc deux rôles pour les enseignants: serre-file ou guide. Les rôles sont notés dans la salle où l'on est au moment de l'alerte. Simple, on a tous compris. Le serre-file doit vérifier que la zone qui lui est attribué est évacuée pendant que le guide se met à des endroits stratégiques et guide les élèves. Bête comme chou donc.
Alors, lundi, aux environs de 10h15 retentit la sonnerie signalant un incendie. On la reconnait très facilement au son très particulier qu'elle émet: un morse enrhumé qu'on égorge. Donc, le bruit infernal se met en route. Calmement, je dis aux élèves de sortir sans courir, sans crier (bon, en même temps ils ont pas l'air super stressés mais plutôt jouasses de louper des minutes de cours) et de suivre les guides. Pendant ce temps là, étant serre-file, je fais le tour de ma zone, tout est OK, RAS.
Il est donc temps pour moi d'évacuer les lieux. Et là, surprise! Les escaliers sont embouteillés... Bon. Une collègue, des élèves et moi même restons coincés 5 minutes à notre étage, le troisième, avant de pouvoir enfin descendre. Bon, heureusement que le lycée ne cramait pas vraiment sinon nous aurions finis en marrons chauds... Organisation au top me dis-je.
Bref, nous voilà enfin libérés des flammes (oui, bon... on joue le rôle à fond, on y croit!) et de la voix du morse à l'agonie. Je vais rejoindre un collègue pour lui dire, je cite "Zone 2 évacuée". Ouais. Bon. Docilement, nous rejoignons les quelques 850 élèves du lycée et l'équipe enseignante et encadrante dehors, sur une place à deux pas du lycée. Et là... Le spectacle qui se présente à moi me laisse sans voix: un cirque, ni plus ni moins!
Flagada Jones, vêtu d'un gilet jaune (le même que pour les voitures), par dessus sa veste à carreaux style Lord anglais, et muni d'un mégaphone, court dans tous les sens en braillant des choses incompréhensibles. Pendant ce temps, des collègues errent le bras en l'air, tenant dans leurs mains une feuille avec un nom de classe. Ils essaient de retrouver les classes pour faire l'appel. Ben oui, parce que là où n'importe quel esprit logique aurait dit: "les profs vous prenez votre liste de classe et une fois que nous sommes dehors vous retrouvez votre classe à tel endroit, vous faites l'appel et vous remontez", pour nous ce sont les premiers arrivés qui prennent une liste de classe et se débrouillent pour la retrouver et faire l'appel. Ca donne donc le spectacle navrant que je viens de décrire, des gamins qui courent partout pour retrouver leurs classes, des profs qui courent pour trouver des gamins que, parfois, ils ne connaissent même pas et des gamins hilares qui fument leurs clopes tranquillou Mimile. Organisation au top me redis-je.
La directrice pendant ce temps là, semble se rendre compte que ça craint légèrement et que Zavatta lui, au moins, aurait fait payer et hurle à Flagada Jones que des gamins fument. Flagada se met donc à hurler dans son mégaphone: "Pas de schhhhhhettes! pas Schhhhettes!". Personne ne comprend, tout le monde se marre. Au top, j'ai dit, au top!
La directrice décide que ça suffit et passe de gamins en gamins en criant de remonter en classe. Oui. Flagada et le mégaphone sont à l'autre bout de la place, manifestement toujours en train de parler de "schhhhhhettes". Comme certains de nos pious-pious se dirigent vers le lycée sur les ordres de la commandante en chef, les autres, pas bêtes, se mettent à suivre. Ouf. Flagada Jones n'aura pas à essayer de les repousser vers le lycée avec le mégaphone.
Bilan des opérations: retour en classe à 10h55. "On s'est bien marrés M'dame" me dit une gnomette. Ouais.
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